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LE JEÛNE

LE JEÛNE

Article par le Dr Marc LANHORE
Docteur ès Sciences

« Le JEÛNE semble être à ce jour le plus puissant processus de guérison dans le monde Vivant et les métabolismes organiques qu’il suscite ou réanime incarnent des « médications fonctionnelles » éprouvées et efficientes depuis l’origine de la Vie». ML.

Quelques origines sur le jeûne

Dans notre histoire personnelle, Ii peut arriver que nous ayons parfois ou souvent des manques d’appétit ou des « passages à vide », et même un écœurement de se nourrir, pour des raisons inconnues. Ce n’est pas toujours un symptôme morbide ou un signe de digestion imparfaite.

L’organisme, et surtout ses fonctions bioénergétiques en synergie avec la Nature, peut avoir jugé nécessaire de consacrer sa médecine intérieure à un but spécifique, à un moment donné dans un contexte donné et qui serait d’une importance primordiale (cf. Médecine Intérieure, MEI, 2016).

Des biosynthèses spécifiques, des réparations ciblées, des détoxifications, des régulations d’humeurs malsaines ou anciennes, des réaménagements de certains pôles énergétiques,… ont été enclenchés dans une programmation complexe qui à coup sûr nécessite une suspension temporaire des apports nutritifs.

Ainsi peut commencer une de ces motivations de ce que l’on nomme par le JEÛNE.

D’autres motivations de « jeûner » existent bien entendu :des critères religieux ; des critères superstitieux, des conditions forcées ; des « grèves de la faim » ; des aliments ou catégories tabous ; des expérimentations scientifiques ; …

Depuis des millions d’années, l’Homme – Homo – a « l’expérience » de savoir stocker des réserves avec un minimum de dépenses et d’espace dans son corps. Il a aussi une « connaissance experte » sur l’utilisation très efficiente de ces substrats. Survivre est un vieux principe dans le genre humain et ce dernier peut même se développer dans des conditions d’importunités difficiles sur le plan alimentaire.

En réalité notre corps bioénergétique est plus approprié au jeûne qu’à des repas réguliers instaurés par un monde récent, datant depuis une sédentarité agricole ou urbaniste.

Depuis des milliers d’années sur notre planète, dans toutes les cultures et dans toutes formes de vies, et dans toutes les représentations du monde, le jeûne a été théorisé, pratiqué, prescrit, expérimenté et même théâtralisé.

Ainsi, la nutrition peut se subdiviser en deux phases.

La phase positive qui est celle des apports alimentaires et de se nourrir.

La phase négative qui est celle du jeûne.

C’est à dire l’abstention de nourriture solide et liquide, partielle ou totale, de toutes les catégories alimentaires pour une période plus ou moins longue.

Les quatre questions essentielles qui se posent sur la pratique du jeûne

Jeûner est-il dangereux ?

C’est le problème ou « La peur » des apports en protéines et la protéolyse dans la chronicité de la privation alimentaire. Mais tout semble se centrer sur les apports en glucides puisque ce sont les principes même du formalisme de la biochimie animale.

Quelles sont les antiennes habituelles du formalisme béotien.

Le cerveau va-t-il manquer de glucides ?

Le défaut d’apport externe protéico-énergétique va-t-il altérer les défenses immunitaires ?

Surtout pour des cas pathologiques ?

Lorsqu’il est prolongé, il provoquerait rapidement une dénutrition à l’origine d’une perte de masse musculaire ?

Car aucune protéine n’est apportée par alimentation et l’organisme « brûlerait » les muscles pour survivre (?).

L’organisme serait exposé à des carences en vitamines et minéraux ?

L’effet pervers du jeûne sur le poids : effectivement il y a perte de kilos mais en « stressant votre organisme » ?

Et dès la reprise d’une alimentation normale le corps stockerait des réserves pour affronter la prochaine disette et reprendrait plus que votre poids de départ (le fameux yo-yo…) ?

Ce dernier point n’est pas entièrement faux mais il concerne les « cures de jeûne » conduite comme un régime draconien et sans l’expérience réelle du processus dans la reprise alimentaire – « la pratique du dé-jeuner ».

Le jeûne n’est dangereux que lorsqu’il est mal conduit ou simplifié dans sa pratique – ce n’est pas un simple exercice de suppression de nourriture. Et spécifiquement lorsque la « reprise alimentaire » est inexpérimentée à la fois dans la fréquence quantitative (le menu quotidien sur les « x » jours suivants) et principalement dans la qualité ou le type d’aliment choisi progressivement.

Le « Temps du jeûne » ?

Combien de temps peut se priver de nourriture solide et liquide un Homme de bonne condition.

L’abstention de nourriture peut se faire de 24 heures à 60 jours chez l’Homme pour se poursuivre sur plusieurs mois. Cinq mois chez l’Ours et autres animaux hibernants. Et continuer sa durée jusqu’à plusieurs années : deux ans chez le reptile ; l’arachnide ; la tortue ; le saumon.

Chez le chien on a observé un cas jusqu’à 117 jours de jeûne intégral (Shelton, 1970).

Le protocole biologique et biochimique démontre que l’Homme peut se passer de nourriture pendant 42 jours sans subir de carence ou d’incidences.

Mais la fonction du temps est étroitement liée à la conduite du jeûne.

Comment fonctionne ou opère le jeûne en soi ?

Thérapeutique pratiquée depuis la nuit des temps, le jeûne est sans doute l’une des plus anciennes approches d’autoguérison.

Même dans la nature, les animaux cessent instinctivement de manger quand ils sont malades ou blessés. Le jeûne intégral consiste à s’abstenir de tout aliment (solide et liquide), pendant une période plus ou moins longue dans le but de « reposer », détoxiquer et régénérer l’organisme.

Bien qu’on utilise librement le terme de « Jeûne » pour englober à la fois, le Jeûne intégral et plusieurs types de cures, il importe de faire une distinction essentielle.

Au cours d’un jeûne intégral, aucun solide ni liquide ne sont permis.

Un autre type de jeune se pratique – Le Jeûne hydrique – dont seule la consommation d’eau est alors permise.

Dans la cure – Le Jeûne partiel – l’ouverture des consommations est plus grande. Ce sont des « tempos » et des produits divers accordés dans un cadre de restriction comprenant : des jus de fruits ; des jus de légumes ; de l’herbe de blé ; des crèmes de céréales ; des bouillons ; des « suppléments alimentaires » ; … etc.

Mais deux points essentiels de cette diète du « non-faire » occupent la fonction pragmatique du jeûne.

En premier, la pratique du jeûne en soi. C’est le savoir-faire afin de discerner l’écoulement du Temps de jeûne et ses phases psychobiologiques.

En second, surtout « les techniques de pratique » de l’après-jeûne. La rupture imminente du jeûne et la période qui suit cette rupture, sont cruciales à la fois dans la forme mais aussi dans la « Veille » continue exigée par le retour nutritif. Cruciale par rapport à un retour au fonctions des habitus biologiques et comportementaux suite au travail métabolique profond et optimal de la diète abstinente.

Jeûner peut-il « réparer » la personne malade et la guérir ?

Le point fondamental de cette pratique du « non-faire » alimentaire révolutionne les « Lois » ou les « Cadres scientistes » des thérapies et des normes cliniques apprises et acceptées à ce jour.

Pour certains, ne pas manger ou manger moins diminuerait le potentiel immunitaire et sa réactivité. Beaucoup de praticiens formalistes ou « bien intentionnés » imposent au patient de bien manger de tout, et même de beaucoup manger (!), et surtout de la viande (des protéines animales à volonté…!) et du beurre (!) et des sucres (!) pour « se faire » le plein de briques et d’énergie contre les dévastations de la maladie…

Mais des études sérieuses et conséquentes montrent le contraire de cette sur-alimentation : Diabète ; HTA ; Asthme ; Épilepsie ; Rhumatismes ; Allergie ; … se guérissent par le jeûne bien conduit.

Dans l’expérience clinique comme dans les protocoles de laboratoire, le jeûne démontre que nombre de pathologies sont réduites et même définitivement résorbées.

Il démontre aussi que les traitements thérapeutiques – conventionnels ou non-conventionnels – bénéficient d’une augmentation de leurs efficiences.

Dans le cas des Cancers, ceux-ci régressent en modifiant l’alimentation du patient de façon ciblée (Seignalet ; Sevran-Schreiber). Donc, selon un certain type de régime alimentaire ou un choix spécifique d’aliments cibles, l’évolution du cancer est soit stoppée soit résorbée.

Des études de laboratoire et en clinique ont démontré que les traitements pharmaco-chimiques contre des cancers amplifiaient leurs effets si un jeûne d’au mois 48h à 72h était adopté par le malade.

Mais comment le thérapeute doit-il s’y prendre pour convaincre ou accompagner le malade de jeûner avant tout traitement et pour toutes formes de pathologies ?

Comment le praticien peut-il conduire un jeûne ?

Eviter les pièges ; amplifier les potentiels du soigné ; percevoir les variances dans le couplage Jeûne/Thérapeutique ; comprendre les limites dans la forme des cures ; adapter l’histoire personnelle du malade à ce « travail de l’abstinence » bienfaiteur ; reconnaître les limites de son expérience de thérapeute ; discerner les signaux de fin de jeûne ; conduire foncièrement la phase de reprise nutritionnelle et de régulation-compensation par le régime.

Le jeûne : une expérience fructueuse, sobre mais délicate.

Le « Monde du jeûne » est un parcours « paranormal », « aigu » dans son exploration, instable psychologiquement, expérimental, mais pragmatique, profond et profitable.

Il est nécessaire de bien comprendre le double mouvement qui s’active dans la diète du jeûne.

Ce double mouvement endogène anime de façon synchrone la structure personnelle du jeûneur.

D’une part, il initie un processus de régénération physiologique et biologique à la fois aigu et profond au sein des métabolismes.

D’autre part, il provoque des « réminiscences » ou des « effets de mémoire » dans l’histoire personnelle.

C’est pourquoi il exige une grande attention pour maintenir un équilibre du « psychosomatique » sur le « physiologique ».

Un jeûne d’au moins 7 jours, au cours duquel rien n’est ressenti – dans son histoire personnelle – au-delà des effets positifs sur les fonctions physiologiques, est un jeûne incomplet.

Comment alors le jeûneur peut-il trouver un équilibre en constant mouvement dans cette abstinence parcimonieuse jour après jour ?

Il faut des modes compensatoires à ce travail spécifique, de privations, de régénérescence, de changements profonds, parsemées chaque jour de réactions physiologiques, de pulsions sensorielles et d’intensités psychiques.

Les habitudes alimentaires que nous cumulons – consciemment ou inconsciemment – chaque jour et qui ont conduit soit à une surcharge pondérale soit à une intoxication, sont en principe grandement modifiées ou ébranlées avec une grande rapidité dans ce processus d’abstinence alimentaire.

Comment faire ?

Deux possibilités s’offrent à vous.

Première possibilité : il est conseillé d’être accompagné par un praticien expérimenté qui remplit deux conditions importantes.

Il a lui même jeûné au moins 15 jours. Car si la « connaissance technique » réelle du jeûne requiert des connaissances bio-cliniques, elle exige impérativement la connaissance empirique de la pratique.

Il a une expérience éprouvée de la clinique psychologique ou psychosomatique des malades.

Sans ces deux conditions impératives, vous risquez certains problèmes, quel que soit son statut.

Deuxième possibilité : vous décidez de ne pas vouloir être accompagné, de le faire seul, et cela exige aussi deux conditions.

Premièrement, vous avez suivi une formation complète (!). Dont le contenu thématique devrait transmettre deux axes principaux : « Connaissances bio-physiologiques et psychobiologiques du Jeûne » et « Expérience et savoir-faire du jeûne ».

Deuxièmement, vous avez déjà pratiqué progressivement plusieurs étapes de jeûnes : de 24h à 3 jours et plusieurs fois.

Docteur Marc LANHORE
Rédaction mars 2016

Dans le cadre des formations de Naturopathie et de Nutrition-Nutrithérapie de deuxième année, un séminaire sur le jeûne est annuellement dispensé. Pour l’année scolaire 2016-2017, ce weekend a lieu les 18-19 février 2017.

Les différents aspects décrits succinctement dans cet article seront abordés d’abord dans une instruction magistrale puis sous forme de questions-réponses des participants sur la théorie et la pratique du jeûne.

Brièvement les thèmes seront : jeûne, définition et histoire – jeûne et thérapeutiques – jeûne et pratiques – jeûne et psychologie / psychosomatique – jeûne et consultation – jeûne, philosophie et états modifiés de la Conscience.

L’auteur ayant été lui-même un « pratiquant » régulier du jeûne depuis plus de vingt-cinq ans

[1] Nous n’avons pas dans cet article, qui se veut pratique et informatif, inséré de publications scientifiques ou cliniques étayant les allégations avancées sur les modalités et les résultats du jeûne. Mais celles-ci ne manquent pas pour qui voudra se donner la peine de les chercher. Elles seront présentées durant le séminaire.

29 mars 2016

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